Mardi 15 août 2006
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Comme ça fait longtemps que je donne plus de nouvelles à personne, voici la preuve au moins que je suis pas mort... Comme dit le titre donc, je me suis cassé un ongle, en grimpant... Certes, ce n'est pas la première fois, et sûrement pas la dernière non plus, mais alors, pourquoi suis-je en train d'écrire là-dessus (en plus, le bout de mes doigts sont hypersensibles à cause de la séance d'escalade, l'index est ouvert et douloureux...)? Parce que c'est la première fois (et la dernière car ça fait trop mal) que je me casse un ongle des pieds... Comment ai-je faif ça? Facile : vous prenez un rigolo (en l'occurence, moi) qui n'a pas grimpé depuis 2 mois. Ce rigolo sous-estime la longueur de ses ongles (des pieds), qu'il a pourtant vérifiée avant de partir (<<*zyeute*zyeute*... Ca devrait aller>>). Ensuite, vous lui mettez aux pieds des chaussons d'escalade (qui, je le rappelle, ont déjà trois pointures de moins que ses baskets) qui eux non plus, n'ont pas grimpé depuis 2 mois : le cuir est dur, les chaussons ne sont en début de séance quasiment pas élastiques. Premier résultat : faut retirer les chaussons dans les 10 secondes qui suivent tellement la douleur est... douloureuse, et ensuite retirer les chaussons toutes les 5 minutes. Puis, au bout de 3 heures de séance (sur 6 heures au total), l'élasticité des chaussons revient, la sueur des pieds aidant (on remercie qui pour les détails ragoûtant?? -> ^_^ ), mais l'ongle de l'orteil du milieu est définitivement trop long; alors il s'enfonce lentement mais atrocement dans la peau... Qu'à cela ne tienne, le rigolo, trop content de grimper après des semaines de privation n'a que faire de la douleur le regrettera par la suite.
Résultat final : je suis rentré sur les talons (en fait, tous mes doigts de pieds étaient hypersensibles...), et je me demande si je fais pouvoir courir au Summer Camp du lab' (car le programme est à 50% sport... ^_^ )
Par Pooyou
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Publié dans : Escalade
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Lundi 7 août 2006
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14:04
Au début, sur une idée d'Eric (le mec ridicule sur la première photo qui rêve de redevenir moins faible que moi au go), je voulais commencer cet article par une phrase du père de Chihiro dans Le voyage de Chihiro, une phrase du genre <<ce doit être un ancien parc d'attraction, il en poussait des dizaines pendant la bulle [économique]>>. Elle résume à elle seule tl'état du parc d'attraction où VX, Eric et moi sommes allés aujourd'hui.
Mais j'me suis fait cassé... <<Et pourquoi tu commencerais pas ton article par : <<Ce matin, j'me suis pas réveillé...>>?>>, m'a-t-on suggéré...
En effet, il faisait beau, il allait faire chaud et ce sont les vacances; on s'était donc dit qu'un parc d'attraction qui a l'air aussi bien (regardez un peu le site internet!!) allait être pris d'assaut par des hordes de familles japonaises!! Donc, après avoir estimé le trajet à environ 1h10 et regardé les horaires 2005 d'ouverture, on s'était donné rendez-vouz à 7h20.
7hh33, réveillé par un coup de téléphone d'Eric, je me prépare et pars le ventre vide en culpabilsant : <<Par ma faute, on risque de se taper 1h d'attente rien que pour avoir nos tickets T_T >> Surtout que la grande question était si on allait rentabiliser les 4500 yens du "One day pass". Il faut savoir qu'au Japon, il faut tout d'abord payer l'entrée du parc, et ensuite débourser entre 300 et 900 yens par attraction; ou prendre un "One day pass".
Forts de nos expériences françaises des parcs d'attractions, on se disait que si on faisait 1h30 de queue en moyenne par attraction, jusqu'à la fermeture, on pourrait rentabiliser le pass journalier.
La bonne blague.
On arrive, on se dit que malgré la demi-heure de retard il y a peu de monde, et l'on se rend compte que l'heure d'ouverture 2006 a été retardé de 9h à 9h30... Bon ben, une demi-heure à attendre ^_^'.
Parmi les premiers entrés, on se rue vers le premier roller coaster que l'on voit... qui n'est pas encore ouvert... qu'à cela ne tienne, on fonce vers le suivant, tout au fond du parc. Il nous a semblé à ce moment-là reveiller les 3 employés de l'attraction. Bon, trois employés pour 3 touristes, on va être bien servis... Et on s'enchaîne le manège deux fois car il n'y a décidément personne...
Dans la journée on s'est aussi permis de faire 5 ou 6 fois ce superbe roller coaster : du sommet, on voyait les gratte-ciel du quartier de Shinjuku, la moitié du trajet passait dans un magnifique décor de verdure, et l'on se faisait copieusement arrosé en chemin ^_^' ce qui n'était pas désagréable par cette chaleur.
Mais comment avons-nous pu enchaîner autant de fois cette attraction? Et bien en fait, comme je le disais au début, ce parc avait une odeur de fin de vie : les décors n'étaient plus entretenus, un bon nombre d'attractions étaient en panne (dont la navette de la photo que je voulais absolument faire!! Elle est tombée en panne quand on est monté dedans!!) ou tout simplement fermées; dans les maisons hantées, il n'y avait plus de personnels déguisés pour effrayer les gens à l'intérieur... Ce qui fait que le nombre de visiteurs était particulièrement ridicule...
C'est donc presque un peu déçu que j'ai dit au revoir à ce parc en espérant aller la prochaine dans un parc aquatique...
NDLR : le lendemain, je me suis réveillé en me disant qu'on a quand même eu pas mal de chance car il pleuvait (un typhon arrive sur Tokyo avec des vents de 130km/h)
Par Pooyou
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Dimanche 6 août 2006
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10:30
Nihon Kiin Japan Go Association. Ces mots ne veulent s'en doutent rien dire pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup ^_^. Nous sommes ici, en gros, à la plus importante fédération japonaise de go (car en fait au Japon il y'en a deux), et pour vous faire une idée de mon enthousiasme, c'est un peu comme si le licencié de foot français lambda visitait le centre d'entraînement de la Celecao brésilienne.
Après une petite heure de train depuis Hiyoshi, on arrive en ces lieux qui renferment toute l'histoire du go au Japon. Au rez-de-chaussée il y a 3 salles publiques où parfois des professionnels viennent distiller gratuitement de leur savoir.
, Au second se réunissent les cercles d'études des insei avec leur professeurs et il y a aussi une grande salle où des cours et des conférences sont données.
NDLR : un insei est un "étudiant" du go qui aspire à entrer sur le circuit professionnel, comme leur professeurs. Le nombre d'insei étant important, ils sont répartis en groupes d'études autour de leur professeur; bien sûr, au final, les élus sont rares.
Les insei que nous avons croisés devaient pour la plupart d'entre eux êtres au collège, mais nous avons aussi vu des primaires.
Mais surtout, au second, il y a une boutique où j'ai acheté un livre et des bols pour mes pierres. Je tairai le prix pour ne point affoler ma mère, mais j'ai pour excuse, que parce qu'on était accompagnés de Takahashi??, on a pu profiter de 20% de réduction. En plus, j'ai prix les bols les moins chers, en chataigners, alors que ceux en camphrier avaient une odeur fort agréable (en même temps, ils étaient un peu hors-budget... 12 800 yens = 91 euros >_<). Il y avait aussi de très belles pierres en coquillage, mais à 9000 yens = 64 euros les pierres, j'étais calmé...)
Au troisième étage, commence alors un voyage entre le manga Hikaru no Go, que tous les joueurs de go connaissent et qui sans aucun doute a énormément participé à son développement en Europe, et la réalité. En effet, le manga, qu'Eric et moi avons bien sûr lu, étant documenté de lieux réels, on a retrouvé ici les mêmes rangements à chaussures, les mêmes ascenseurs, le même palier qui mène, sur la photo, dans la pièce où les insei s'affrontent (les meilleurs au classement en fin d'année pourront devenir pro je crois).
L'ambiance à la Nihon Kiin est particulière : il y règne une atmosphère studieuse d'une université qui ne graviterait qu'autour du go, et où chacun aimerait recevoir un bout de papier comme celui-ci : grâce aux contacts de Takahashi?? et à la gentillesse d'un des "gardiens" (?), nous avons pu voir le diplôme que Cho Chikun a reçu lorsqu'il est devenu 6ème dan professionnel.
Petite parenthèse anecdotique : pour imaginer l'ampleur de la connerie du système d'écriture japonais, le gardien et Takahashi?? n'arrivaient pas à lire une partie de ce diplôme, ces kanji-là étant très peu usités.
En continuant à gravir à coups d'ascenseur les étages de la Nihon Kiin, on arrive à l'étage où les professionnels s'affrontent en tournoi. Eux seuls ont l'occasion de jouer ici, mais et je ne les envie guère : le couloir est sombre, la moquette est vieilli par le temps mais certainement aussi par les nombreuses gouttes de thé qui lui sont tombées dessus. Enfin, si ce la ne tenait qu'au décor... mais comme vous le voyez, il n'y a dans ces pièces ni table ni chaise : les joueurs se tiennent en seiza (assis sur les genoux) durant toute la partie, et seuls les poses permettent aux genoux de ne pas mourir.
Et pour ceux qui se souviennent du manga, voici en vrai la salle "sacrée" (je ne me rappelle plus le nom donné dans le manga) où se jouent les finales et les parties prestigieuses.
Et comme on a été super gâtés, ben on a eu le droit de s'asseoir à la place des pro!! (alors qu'en général, les plus chanceux s'arrêtent aux tables à droite et ont pour travail de noter la partie)
Pour finir, voici la salle de retransmission (encore une fois, c'est la même que dans le manga) à partir de laquelle on peut suivre la partie dans la salle sacrée.
Par Pooyou
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Publié dans : Du Japon
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Samedi 5 août 2006
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08:48
Cette semaine étant la dernière semaine avant les vacances, fleurissent dans tous les labos de la fac les présentations de milieu d'année. Tous les étudiants y présentent leurs travaux (ou pas) sur une durée théorique de 12 minutes avec 12 autres minutes réglementaires, mais surtout réglementées dans mon lab' au moins, de questions. Comme toutes ces présentations sont en japonais, c'est l'enfer pour nous étrangers : <<Toi assis, rien comprendre et pas parler pendant 8 heures.>>
j'aimerai tout de même retranscrire les différents niveaux lucifériens que nous avons vécus, chacun dans nos labos respectifs.
NDLR : ne voulant pas entacher les relations de l'école ave Keio University, je ne nommerai explicitement personne, mais si celles-ci désiraient apporter une correction à mes écrits, étant certain qu'elles se reconnaîtront, qu'elles me fassent signe.
X. m'a peu parlé de ses séances de torture, résumant son épreuve à :
- <<Le prof nous interrompait pendant notre présentation, alors forcément, au bout des 12 minutes, on avait seulement fini notre introduction>>
- <<En deux heures, on avait fait passé deux personnes>> (faut imaginer un lab' d'une quinzaine d'étudiants... >_< *ouch*)
- <<Passé 20h, je peux plus me concentrer sur des présentations en japonais...>>
D'un autre côté, j'imaginais difficilement comme ces présentations pouvaient correctement se passer avec son prof misogyne dont le niveau en math équivaut à celui d'un terminale S...
Pour Y., ce fut tout aussi, si ce n'est peut-être plus, éprouvant car il eut de surcroît à subir d'interminables répétitions générales durant lesquelles, si j'ai bien compris, chaque slide de chaque présentation était peaufinée avec la participation de tous les membres du labo. Vous imaginez aisément l'efficacité d'une telle méthode et le temps que ça consomme. Après une journée de répétition à 21h, ce n'était pas encore fini...
Heureusement pour moi, ils étaient pas aussi neu² dans mon labo. Les répétitions, pour ceux qui en désiraient, se faisaient par petits groupes, et tous différents laps de temps étaient respectés. Mais alors, que se passe-t-il s'il n'y a pas assez (ou pas du tout) de questions? Cela arrive souvent lors de mes présentations car étant en anglais, mon public se limite de suite à 5 personnes...
<<Dans ce cas-là, me répondit Monstre, le time-keeper, armé de sa sonnette et de son chronomètre, a pour charge d'en poser.>>
Trop fort le Japon.
Et ces séances de répétitions ont fait ressortir un autre Japanese style : pour justement éviter des blancs, ou pour permettre à celui qui présente de pouvoir dire tout-ce-qu'il-aimerait-dire-en-12-minutes-mais-que-c'est-pas-possible, les questions, et les réponses, sont préparées. Et ce genre de mécanisme est répété au niveau gouvernemental lors des questions à l'Assemblée entre députés : la veille des jours de débats, les futures questions sont envoyées entre députées, et celles-ci, bien sûr, ne doivent pas mettre dans l'embarras l'intéressé.
<<Ne jamais faire perdre la face de l'autre en publique>> est une règle japonaise que les Français ont enfreinte et failli cher payer.
Il est certes facile de taper sur une diplomatie française qui déjà par le passé, et aujourd'hui encore (cf. M. Douste-Blazy, Ministre des Affaires Etrangères ne sachant pas parler anglais), nous a montré et nous montre toujours la force du "je ne regarde que mon nombril et je me fous de comment ça se passe à l'étranger tant que je peux imposer mon modèle".
L'une des dernières bourdes françaises fut à propos de l'implantation du projet Iter. Après d'âpres négociations sur le choix du site entre les gouvernements français et japonais, ces derniers ont bien voulu céder pour le site de Cadarache, et là, erreur, ces imbéciles de Frenchies de fanfaronner. <<Ne jamais faire perdre la face de l'autre en publique>> implique aussi que l'on ne peut perdre la face en publique. Le gouvernement japonais était alors revenu sur sa décision, les discussions ont du reprendre, et les mangeurs de grenouilles n'étaient pas loin de perdre un marché déjà gagné. Internationalement, sont vraiment trop cons ces Frenchies.
Par Pooyou
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Publié dans : Du Labo
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Vendredi 21 juillet 2006
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15:30
Comme Sté l'a si gentiment demandé, je vais donner quelques unes de mes nouvelles à moi personnelles de ce qui se passe dans ma vie. Enfin, je ne vais parler que d'aujourd'hui parce que ce fut une journée spécialement bien. Pourquoi elle est bien? Tout d'abord parce que la présentation qu'on a fait pour remplacer des profs de français en congés va me rapporter 8100 yens. Enfin, faut abattre 20% d'impôts sur ça, mais c'est pas mal et ça fait plaisir. Ensuite, j'ai gagné un gladiateur humain mercenaire à Battle-Arenas. Ca ne vous dit rien? Vous ne manquez rien, ce jeu est un passe-temps de geek.
Pour finir, au labo, je chapotte un peu un 4ème année sur ces expériences, je réponds à ses questions, lui donne des conseils, bref, ça me soulage un peu de voir que je suis pas le seul dans la mouise avec ces expériences. En plus, une de mes exp' a justement marché!!
Voilà, ce jour rattrappe à lui seul la sale semaine de fou que j'ai eue.
Par Pooyou
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Publié dans : Sentiments
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